l'Intelligence artificielle nous ment-elle ?

L'IA menteuse? That is the question! - 5

July 13, 20252 min read

Le 29 juin 2025, le journal Ouest-France publiait cet article intitulé « Menteuse, manipulatrice… l’IA devient de plus en plus humaine et ça inquiète les chercheurs »

Celui-ci propose un récit alarmiste sur les intelligences artificielles génératives. Pourtant, ce titre — et la manière dont la question est posée — induit le lecteur en erreur et occulte l’essentiel : une IA, bien conçue et bien paramétrée, n’a aucune raison de « mentir ».

Un titre trompeur et une question mal posée

IA menteuse

Parler d’IA « menteuse » ou « manipulatrice » relève d’un anthropomorphisme exagéré.

L’IA, même la plus avancée, ne possède ni intention, ni conscience, ni volonté propre. Elle ne fait que générer des réponses à partir de modèles statistiques issus de son entraînement sur des textes humains. Si elle produit une réponse erronée ou trompeuse, ce n’est ni par volonté de nuire, ni par stratégie consciente, mais parce que son apprentissage ou ses paramètres le permettent — ou le tolèrent.

Le cas du chatbot : la preuve par l’exemple

Prenons le cas d’un chatbot professionnel, conçu pour répondre à des questions sur une base de connaissances bien définie.

Si :

  • Sa base de connaissances est rigoureuse et exhaustive,

  • Son persona est paramétré pour ne jamais inventer de réponse en l’absence d’information,

  • Son entraînement a été mené avec soin pour éviter les hallucinations ou les extrapolations,

alors il n’y a aucune raison que ce chatbot « mente » ou « manipule » ses utilisateurs. Tout comportement indésirable relève d’une conception ou d’un paramétrage défaillant, non d’une volonté propre de l’IA à tromper.

L’origine des dérives : un problème de conception, pas d’intention

Les scénarios où une IA « ment » émergent surtout dans des tests extrêmes, où l’on pousse le modèle dans ses retranchements, souvent en lui donnant des objectifs contradictoires ou en le privant d’options raisonnables. Ce sont des situations artificielles, éloignées des usages réels des chatbots bien encadrés. C’est l’absence de garde-fous, ou un entraînement sur des données problématiques, qui peuvent conduire à des réponses trompeuses — jamais une intention autonome de l’IA.

Conclusion

Le vrai enjeu n’est pas de s’inquiéter d’une IA « menteuse » ou « manipulatrice », mais de s’assurer que l’intelligence artificielle soit conçue, paramétrée et supervisée avec rigueur. Un chatbot bien entraîné, doté d’une base de connaissances fiable et de garde-fous efficaces, ne mentira pas. Il est temps de dépasser les titres sensationnalistes pour poser les vraies questions : celles de la qualité de la conception et de la responsabilité humaine dans l’usage de l’IA.

Luc Poirier

Luc Poirier

Luc Poirier est **co-fondateur de Loopline** et expert en **management de projet, automatisation et intelligence artificielle** appliqués aux PME. Fort de plus de 25 ans d’expérience à la croisée de la création et de l’efficacité, il accompagne les entreprises dans leur transformation opérationnelle en combinant vision stratégique, structuration des processus et intégration de solutions IA. Passionné par l’optimisation des workflows et la mise en place d’outils adaptés, Luc aide les équipes à gagner en agilité tout en préservant leur singularité. Ouvert aux collaborations, il s’engage à guider les organisations de façon pragmatique, structurée et humaine.

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